Tableau des grands rassemblements acadiens, 1881-1972

1881 - Memramcook
Le choix d'une fête nationale domine les débats; la fête Notre-Dame-de-l'Assomption est choisie. Les grandes questions suivantes sont débattues: l'éducation, l'agriculture, le problème de l'émigration, la colonisation et la presse. Ces mêmes questions sont reprises aux Conventions ultérieures.

1884 - Miscouche

Les délégués complètent le choix des symboles nationaux, soit un drapeau, un air national, un insigne et une devise. Les principales résolutions visent à enrayer l'émigration vers les États-Unis, à encourager la colonisation, à freiner l'anglicisation et à donner aux Acadiens de 1'lle un meilleur système d'éducation en français.

1890 - Pointe-de-l'Église

La question prédominante a traità la langue d'enseignement dans le nouveau collège Sainte-Anne et dans les écoles et les couvents acadiens de la Nouvelle-Écosse On demande que le français soit la langue d'enseignement mais que l'anglais soit enseigné concurremment.

1900 - Arichat

L'acadianisation de l'Église, en particulier la nomination d'un évêque acadien, retient grandement l'attention des délégués de la quatrième Convention nationale. On s'entend aussi pour que tous les journaux acadiens se donnent la main afin de défendre et réclamer justice lorsqu'il s'agira de protéger les intérêts du peuple acadien. Le premier ministre canadien, Wilfred Laurier, est présent

1905 Caraquet

"L'Union fait la force"
La nomination d'un évêque acadien est encore chaudement délibére. On demande que le gouvernement vienne à l'aide des cultivateurs acadiens. On encourage aussi les Acadiens à s'intéresser davantage au commerce et à l'industrie. L'adoption de manuels français pour les écoles acadiennes et une autre importante recommandation du Congrès. On demande aussi que le français soit enseigné dans les écoles normales des Provinces Maritimes.

1908 - Saint-Basile

"L'Union fait la force"
Les congressistes décident de faire parvenir une supplique à Rome priant le Pape d'accorder aux Acadiens un évêque de leur nationalité. On recommande que les journaux acadiens publient chaque semaine un article de fond et qu'ils reproduisent moins d'articles de journaux étrangers. On demande que les écrivains de l'Acadie collaborent aux journaux.

1913 - Tignish

"Congrès d'action de grâces"
Le Congrès de Tignish prend l'allure d'une fête d'action de grâces suite à la nomination, l'année précédente, d'un évêque acadien. On met sur pied le Comité de rapatriement, de colonisation et d'agriculture dont le but est de tenter de ramener des États-Unis les Acadiens exilés et de les aider à se rétablir en terre acadienne.

1921 - Pointe-de-l'Église et Grand-Pré

"Le Congrès du Souvenir"
Les assises à Pointe-de-l'Église sont suivies d'un pèlerinage à Grand-Pré où la Société Nationale l'Assomption avait récemment fait l'acquisition d'un terrain. Une campagne de souscriptions est lancée pour la construction d'une chapelle commémorative à cet endroit. On demande que les erreurs contenues dans les textes d'histoire du Canada, relativement à l'histoire acadienne, soient corrigées. On recommande avec insistance aux Acadiens de s'abonner à leurs journaux.

1927 - Moncton

La Convention trace un grand programme d'action pour le peuple acadien. Elle propose que les Commissions d'étude se réunissent dorénavant une fois par année. Des recommandations sont faites afin d'augmenter la représentativité des Acadiens au gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick. On encourage les Acadiens à s'organiser coopérativement pour l'achat et la vente des produits de la ferme, de la forêt, de la pêche et de l'industrie. On exprime le voeu que les Acadiens ne manquent jamais de se servir de la langue française dans leurs correspondances avec les divers ministères fédéraux et provinciaux et qu'ils s'adressent en français dans les magasins et chez toute compagnie d'utilité publique.

1937 - Memramcook

"Le Congrès de la Reconnaissance"
Les deux principales questions discutées traitent des droits scolaires et de la colonisation. On cherche aussi à encourager l'agriculture, l'enseignement des arts ménagers, l'établissement d'écoles d'agriculture, la célébration de la fête nationale et la publication et la diffusion de l'histoire acadienne. On adopte diverses recommandations en ce qui a trait à l'amélioration de l'industrie de la pêche et aux problèmes que rencontre la presse acadienne.

1955 - Les Fêtes de 1955

En 1955, après une vingtaine d'années d'inactivité, la Société Nationale l'Assomption confie à un comité spécial l'organisation de grandes manifestations pour souligner le bicentenaire de la Dispersion. Les Fêtes de 1955 prennent une envergure considérable; elles se déroulent dans de nombreux centres acadiens. Tout en n'ayant pas précisément le caractère d'un congrès, elles sont cependant considérées comme le onzième grand ralliement des Acadiens.

1957 - Memramcook

Le but principal du Congrès est de déterminer l'avenir de la Société Nationale l'Assomption.On lui donne alors une nouvelle constitution. Parmi les nombreuses modifications, les trois plus importantes sont les suivantes: l'établissement d'un secrétariat permanent, la création d'un Conseil d'administration et le changement du nom de l'organisme à "La Société Nationale des Acadiens."

1960 - Pointe-de-l'Église

"Les Acadiens en 1960"
On précise les besoins des Acadiens et on examine les perspectives d'avenir. Les séances d'études se font au sein de quatre commissions: dans une première, on soumet la Société Nationale à un examen critique afin d'évaluer son efficacité depuis la réorganisation; la seconde s'applique à définir ce que devrait être le patriotisme des Acadiens; la troisième s'applique à définir les conditions d'avancement économique; et la dernière, les conditions d'avancement culturel.

1965 - Caraquet

"Nos forces vives face à l'avenir"
L'accent est mis sur le développement des forces vives des Acadiens, en particulier le dynamisme de la jeunesse. On s'attarde moins sur l'analyse des lacunes ou des points faibles. La préoccupation dominante du congrès est de faire un effort de projection vers l'avenir. On tente de faire une étude positive des problèmes d'actualité et des besoins de la population.

1972 - Fredericton

"Congrès des francophones du Nouveau-Brunswick"
Plus de mille Acadiens du Nouveau-Brunswick assistent au Congrès. On vote au total 264 résolutions en ce qui a trait aux thèmes suivants: la politique, le bilinguisme, les média d'information, l'Union des Provinces Maritimes, la fonction publique, l'éducation, l'économie et la culture. La Société des Acadiens du Nouveau-Brunswick est fondée. La Société Nationale des Acadiens, qui depuis un certain temps agissait avant tout comme l'organisme des Acadiens du Nouveau-Brunswick, redevient le porte-parole des intérêts généraux des Acadiens des Maritimes.

Source: La Société historique acadienne de l'Île-du-Prince-Édouard, La Petite Souvenance, no 10 : "Un peuple à unir" (Numéro spécial à l'occasion du Centenaire du drapeau acadien), 1984, p. 7-10.

© Musée acadien de l'Île-du-Prince-Édouard. Reproduit avec permission.